L'histoire d'une mobilisation
Ce qui a commencé comme un geste local dans quelques pharmacies de quartier est devenu une pétition officielle déposée à l'Assemblée nationale du Québec.
Un geste concret,
parti de Shawinigan-Sud.
Au printemps 2026, Michaël Tourigny, pharmacien propriétaire à Shawinigan-Sud, décide d'offrir les produits menstruels au prix coûtant dans sa pharmacie affiliée Familiprix. Aucune marge. Aucun profit. Juste reconnaître qu'une serviette ou un tampon, ce n'est pas un luxe — c'est un besoin essentiel.
Rapidement, les pharmacies Jean-Maurice Weibel (rue Masson et rue Hochelaga, Montréal) embarquent. Puis d'autres. Un réseau informel de pharmacien·nes alliées prend forme.
D'une initiative à un mouvement.
Après l'annonce du prix coûtant, une vague de témoignages déferle. Des étudiant·es, des travailleur·euses, des aîné·es racontent leur précarité menstruelle. L'évidence devient politique : il faut une réponse provinciale.
La pétition « Pour un meilleur accès aux protections menstruelles au Québec » naît de cette vague. Elle est officiellement acceptée par l'Assemblée nationale.
Trois faits concrets.
À l'Assemblée nationale
11 juin 2026.
Présentation officielle.
La pétition sera présentée par la députée Marwah Rizqy, dans son rôle institutionnel de présentation des pétitions citoyennes.
Dans les pharmacies du mouvement
Prix coûtant.
Jusqu'au 31 déc. 2026.
Tampons, serviettes, coupes, culottes : toutes les protections menstruelles offertes sans marge dans les pharmacies alliées.
Statut institutionnel
Pétition officielle.
Acceptée par l'AssNat.
Le texte est validé, hébergé sur le site officiel de l'Assemblée nationale du Québec. Chaque signature compte vers le total déposé.
Au Québec, les produits menstruels sont encore trop souvent traités comme une dépense normale du quotidien, alors qu'ils représentent en réalité un besoin essentiel. Chaque mois, des milliers de femmes, d'adolescent·es, de personnes trans et non binaires qui ont leurs règles doivent intégrer ce coût à un budget déjà serré.
Pour plusieurs, cela signifie devoir faire des choix difficiles entre des produits essentiels : alimentation, transport, médicaments… ou produits menstruels. C'est cette réalité qui a poussé plusieurs pharmacies communautaires du Québec à agir.
Un geste concret
Au printemps 2026, une initiative simple mais concrète a vu le jour dans certaines pharmacies affiliées au réseau Familiprix : offrir les produits menstruels au prix coûtant afin de réduire leur impact financier sur la clientèle.
L'idée originale vient de Michaël Tourigny, pharmacien propriétaire à Shawinigan-Sud, qui souhaitait poser un geste tangible pour reconnaître que les produits menstruels ne sont pas des produits de luxe, mais bien des produits essentiels.
Rapidement, d'autres pharmacies ont décidé d'embarquer dans le mouvement, notamment les pharmacies Jean-Maurice Weibel, situées sur la rue Masson et la rue Hochelaga à Montréal.
Dans ces pharmacies, tous les produits menstruels — tampons, serviettes hygiéniques, coupes menstruelles, culottes menstruelles et autres protections — sont désormais offerts au prix coûtant jusqu'au 31 décembre 2026.
Cette initiative est portée par les pharmacien·nes propriétaires de manière indépendante. Elle ne représente pas une position officielle du siège social de Familiprix Inc.
Une vague de témoignages
Ce qui devait être au départ une simple initiative locale a rapidement pris une ampleur beaucoup plus importante. Après l'annonce, les pharmacies ont reçu une vague impressionnante de commentaires, de messages privés et de témoignages.
Des personnes ont raconté devoir calculer précisément leurs dépenses liées aux menstruations chaque mois. D'autres ont expliqué avoir déjà utilisé des solutions improvisées faute de moyens suffisants. Plusieurs étudiant·es ont parlé du poids financier que représentent ces produits dans un contexte de hausse du coût de la vie.
La précarité menstruelle
La précarité menstruelle, c'est la difficulté d'accéder adéquatement à des produits menstruels pour des raisons économiques, sociales ou géographiques. Elle peut avoir des conséquences très concrètes :
- stress financier;
- atteinte à la dignité;
- absentéisme scolaire;
- isolement social;
- difficultés au travail;
- impacts sur la santé physique et mentale.
Une pétition à l'Assemblée nationale
La pétition « Pour un meilleur accès aux protections menstruelles au Québec » demande au gouvernement du Québec de mettre en place un programme provincial de remboursement ou de prise en charge des produits menstruels, incluant les protections réutilisables, pour les personnes de moins de 26 ans ainsi que pour les personnes à faible revenu ou en situation de vulnérabilité économique.
Elle demande également d'élaborer un plan québécois global de lutte contre la précarité menstruelle et d'étudier la possibilité d'élargir progressivement l'accès gratuit aux produits menstruels.
La pétition a officiellement été acceptée par l'Assemblée nationale et sera présentée par la députée Marwah Rizqy lors de la séance du 11 juin 2026.
Mme Rizqy agit dans son rôle institutionnel de présentation des pétitions citoyennes. Cette mention ne constitue ni appui ni endossement partisan. Le mouvement est porté par des employé·es de pharmacie, des professionnel·les de la santé et des membres de la communauté qui souhaitent faire avancer la discussion de façon constructive.
Un message simple
L'idée centrale du mouvement demeure simple :
Les produits menstruels ne sont pas un luxe.
Parce qu'aujourd'hui encore, l'accès aux produits menstruels dépend souvent du revenu, du quartier, de l'école fréquentée, des ressources communautaires disponibles et de la capacité financière des familles. Le mouvement souhaite transformer une initiative locale en véritable conversation québécoise sur l'accessibilité, la dignité et l'équité.